Nicolas, le chevalier inexistant

Publié le par le chat qui pêche

 

 

 A Mr Nicolas de Malbrough 

 

 

 On connaissait déjà cette étrange façon, bien peu chevaleresque, que vous aviez de brandir, devant un tir trop nourri de mots fléchés, un homme-paillasson, en guise d'écu guerrier !

 

Maintenant voilà que vous vous cachez derrière la Dame à la Licorne,

pour éviter l' hallali-cornes.

 

Vous êtes parti en guerre, Mr de Malbrough, contre votre ennemi l'Harumeur, mais vous ne savez pas ce qu'il vous en reviendra. Alors vous avez peur.

Au plus fort de la tourmente, il a donc fallu que Madame à son tour mente, si haut qu'elle peut monter...le son ...Heureusement un Cire-élysée lui a tendu un micro.

 

Elle a dit .. "insignifiant" elle a dit "désagréable" et puis elle a contredit que vous fussiez parti en guerre contre l' Harumeur ...

 

Mais alors, où êtes vous, Sieur Malbrough ? De deux choses l'une, ou vous avez déserté, ce qui est un crime ou vous êtes complice d'un déni de guerre, ce qui est un déshonneur.

 

Oui c'est vrai, elle est insignifiante et elle a une voix désagréable ...Aussi ce n'est pas fair-play de le laisser répéter, à la radio, dans les journaux, à la télé.

Mais même si c' est elle qui l'a dit ou qui l'a sussuré, enfin c'est tout de même votre Dame !

 

 

Mais il y a plus grave, comme je vous l'indiquais en préambule et qui nous fait profondément douter du bien-fondé de votre adoubement :

 

Ce n'est pas digne d'un Chevalier, de vous abriter derrière votre homme-paillasson, chaque fois que le combat risque d'affecter votre bonne mine.

Ce n'est pas digne d'un Chevalier, d'avoir un saigneur Hortefeux qui rafistole avec des bouts de ficelles votre heaume intégral.

Ce n'est pas digne d'un Chevalier, de passer tout le temps dédié au combat à essayer, en vain, d'empêcher sa cote de mailles, mal entretenue par votre négligence, de tomber au sol !

 

Autrefois un Chevalier se mettait sur la paille pour acquérir ses armes et son cheval, il avait à coeur d'entretenir son blason, pour pouvoir se montrer fier et fringant dans les tournois. Vous, vous ne voulez pas lâcher un ducaton de votre poche, vous vous conduisez et vous haranguez comme un palfrenier, mais vous entendez pourtant jouer les Grands Ducs.

 

Or, vous apparaissez toujours plus gueux, plus misérable en votre contrée.

Car sans panache, sans générosité et sans grandeur d'âme, on ne défend pas bien son donjon :  l'Harumeur a beau jeu, d'envahir votre fief, et les manants, ici comme à l' étranger, de se gausser !

 

Mais la pire de vos vilenies, c'est la façon dont vous utilisez Madame de Malbrough ! Une Dame de bonne condition doit rester coite en son château, quand résonne le tambour des grandes batailles. Vous, son Monmari, vous la faites monter au créneau et proclamer de sa voix désagréable son insignifiance, puis nier contre toutes évidences la guerre en cours.

 Et tout cela pour mieux vous réfugier derrière ses atours, comme un bambin effrayé sous les jupes de sa mère !

 

Vraiment Monsieur de Malbrough, vous êtes bien trop pingre, trop mufle et trop capon, pour faire un chevalier digne de ce nom.

Voilà pourquoi La Table Ronde réclame votre destitution

 

Signé : King Arthur

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