Polémique et grosses ficelles (électorales)

Publié le par le chat qui pêche

un conte du chat qui pêche :
Sarko et Besson font dans la science-fiction

C’était la panique au QG de l’Hyper-Président, chef du Parti Populaire pour l’hypermarché planétaire, élu démocratiquement par les terriens des 24 Nations avec 53% des voix.

Malgré un contrôle des médias toujours plus accru et sophistiqué,
malgré l’hyper campagne de cyber-publicité financée par l’Olympe, aux frais de la Communauté Terrienne,
malgré le formatage de l’opinion publique, malgré les tripatouillages sondagiers, payés eux aussi par l’Olympe, l’entreprise d’intoxication médiatique faisait long feu, son emprise sur les cerveaux des Terracitoyens s’essoufflait : 
La conscience des populations, jamais complètement éteinte, qu’on les trompait jour après jour en haut lieu, se renforçait.

Entouré d’une cour soumise et partisane, ballottée entre la hantise de Ses crises de nerfs et la crainte de perdre leur poste aux multiples avantages, l’Hyperprésident International de la Terre s’enfonçait dans les erreurs répétées et il n’y avait plus personne pour oser lui dire à quel point il se fourvoyait.
L’obsession de la plus-que-parfaite communication Olympienne était en train de tourner à la névrose
...d’échec ! 

Les conseillers de l’Hyperprésident International eux–mêmes n’étaient pas d’un grand secours :
Loin de lui ouvrir les yeux sur ses boulettes, bourdes et insanités, ils suaient sang et eau à enfoncer les clou tordus de leur Chef, comme des possédés !
En particulier, les aboyeurs publics internationaux de Terra qu'on invitait à l'heure du Journal Sédatif Télévisuel et l’homme qui écrivait les discours de l’Hyperprésident, un pédant surnommé Guano (car il avait  balancé des mots semblables aux déjections de la mouette en passant par Dakar) s'avéraient plus nuisibles qu'utiles, à force de zèle imbécile.

Les erreurs grossières et les déclarations mensongères de l’Hyperprésident International de Terra s’accumulaient comme des scories dans le sillage de sa cote de popularité vertigineusement fléchissante, et ce malgré, ou à cause de, ses gesticulations innombrables.

La dernière gaffe de l’H.P I de Terra, un acte de népotisme éhonté, avait mis en relief le peu de fiabilité des beaux discours de Guano que l'HPI  prononçait au même moment à propos de l’école de la Terra-République, censée fournir les mêmes chances de réussite à tous, d’où qu’ils viennent.

Les commentateurs de toutes les planètes avaient ricané à qui mieux mieux de cette grossière entreprise d’OPA familiale, qui rappelait les monarchies despotiques des astéroïdes des anneaux de Saturne !

Même les vénusiens, d’habitude peu critiques à l’égard de Terra, s’étaient gaussés de ce dernier caprice en date : mettre son propre fils à la tête du grand projet de bétonnage à fins mercantiles du quart sud ouest de l’Europe. Projet d’autant plus contestable et contradictoire que l’hyperprésident se targuait de mener à bien la campagne « Terre verte » pour damner le pion au Superprésident de Jupiter, un descendant d’esclaves Mercuriens, grand et distingué, dont il était fort jaloux et qui, parti de rien, était arrivé au sommet sans magouilles ni parrains, a contrario de lui-même.

En deux ans et demie de mandat, malgré une pléïade de tour de vis sécuritaires proclamés et une pléthore de policiers envoyés en grande pompe aux trousses de quelques malheureux prétendus révolutionnaires isolés, ou d’immigrés mercuriens, martiens et anno-saturniens sans papiers fuyant leurs contrées ravagées par la famine et la guerre, l’Hyper Président International de Terra avait fini par perdre toute crédibilité : Il était contesté au sein même de ses propres troupes, bien qu’il s’employât à démolir tous ses adversaires potentiels avec les moyens procéduriers ou politico-médiatiques les plus sophistiqués dont il s’était annexé les leviers de commande.

Bref, tout allait mal pour Lui et son parti !
Or, des élections importantes approchaient à grands pas : les Nationales, qui consistaient à élire un président pour chacune des 24 Nations formant la communauté terrienne.
La catastrophe s’annonçait inéluctable pour le Parti Hyperprésidentiel, les opposants commençaient à se réunir pour mener à bien un front républicain (dit « anti-bananier ») disparate, certes, mais animé par cette même volonté, forte et inébranlable : mettre fin au gâchis perpétré par la folie de ce fléau Hyperprésidentiel International, véritable Attila des valeurs Républicaines qui avaient fondéTerra.

D’un autre côté , le camp de l’Hyperprésident était lâché sur sa droite extrême par un Parti international prônant une Terra débarrassée de tous les extraterrestres, qu’ils fussent immigrés de longue date ou récemment débarqués de leur planète. Il fallait bien trouver quelque chose pour faire à la fois diversion, et rallier les habitants des 24 Pays à une cause commune, autour d’un sujet qui transformerait le « tous contre Un » en un « tous contre les Autres ».

C’est alors qu’un des Ministres de l’Hyper-Président, traître notoire à son propre camp, par appât de la gloire ou du diable sait quelle obscure raison, c’est alors que cette âme damnée au double visage et qui portait toutes les marques de la déréliction publique sur son front, éructa cette proposition, que son Maître Belzébuth lui avait implantée par voie subliminale :

« On va lancer un grand débat sur l’identité internationale »

C’est dans les vieux chaudrons (du Diable) qu’on fait dit on les meilleures soupes, mais tout de même, celle-là fut difficile à avaler
Elle avait un goût particulièrement prononcé de réchauffé
!

Publié dans politique

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