Affaire Mitterrand : Le bal des vents pires

Publié le par le chat qui pêche

 

 

 

Rien de tel que France Culture pour égayer un long trajet en automobile : c’est ainsi qu’entre Auxerre et Bourg en Bresse, j’ai écouté avec plaisir il y a quelques semaines un éminent linguiste disserter des origines du personnage du vampire

 

A la fin de l’entretien, l’ homme de sciences, dont les conclusions allaient le plus souvent à l’encontre des idées reçues, était parvenu à rendre aux vamps, aux goules, aux revenants et autres « morts-vivants » ce qui leur appartenait respectivement. Aussi la chanson burlesque « Nosferatu » de Marie Paule Belle, malicieusement choisie par l’animateur pour clore en musique l’émission, n’amusa absolument pas le spécialiste :  la coquine renchérissait sur les pires clichés que notre savant avait eu à cœur de démonter !  


 On avait bien entendu évoqué, au cours de cette interview, le fameux film de Polanski : mais notre savant ne semblait pas l’avoir trouvé particulièrement intéressant ni marrant. Pour lui, le seul ouvrage capable de rendre la dimension à la fois tragique et horrifique du vampire était le "Dracula" de Bram Stoker.
Me revint alors en mémoire cette blague linguistiquement incorrecte que les enfants se racontaient quand ils étaient à la communale « quel est le vent le plus pire ? » « le vampire ! ». Elle n’aurait pas fait rire du tout, elle non plus, l’invité.

 

Peu après cette émission éclata l’affaire Polanski : comme quoi un bal des vampires peut en cacher un autre, car qu’est-ce que la pédophilie, sinon une manière pour un « vieux », de puiser dans la jeunesse le flux de sang impétueux qui manque à ses artères ?

 
Fini de rire dans le strass et les paillettes ! Le cinéaste se retrouvait piégé par son passé.

Les citoyens lambda comme moi étaient interloqués, mais bon, chacun sait que le monde du cinéma est connu pour son dérèglement des mœurs et que l’Amérique n’a pas le même système judiciaire que le nôtre.

La grande majorité du peuple français ne réagit donc guère à cette affaire.

 Par contre, des personnalités, comme on dit, de la vie politique, on devrait plutôt dire, de la « pipolitique », Bernard Kouchner et le tout- nouveau Ministre de la Culture en tête, s’étranglèrent d’indignation jusqu’à lancer une pétition pour la libération du cinéaste. Là encore, peu de remous au café du commerce, à part pour constater, désabusé, devant un Picon-bière que les gens riches et bien placés peuvent tout se permettre impunément et se soutiennent entre eux.


Mauvaise vie 


Mais quand Marine le Pen a jeté son pavé à l’antenne, quelle panique !

On était en pleine déconfiture de la France Culture, et le vent pire soufflait, soufflait sur les braises mal éteintes... Ce Ministre, qui avait soutenu un ex-pédophile. « Paraît qu' il allait avec de jeunes garçons, Madame Michu, pensez donc !!! »

Ah pour ça oui, ça jasait, autour du comptoir et dans les chaumières ! 


Et aussi, il fallait les voir, tous ces pipolitiques, agrippés aux breloques de leur ministères, pesant de tout leur poids de communication, exposant leurs bonnes excuses empesées pour soutenir la nouvelle erreur de casting du Président.de la République.. !   

Ils étaient tous là, soudés autour de l’accusé, les suceurs du sang du peuple, la caste qui s’engraisse à bon compte et avec bonne conscience, au prétexte qu’elle est l’élite qui « gouverne »

…voire :

 Il n’y en a qu’un, en réalité, qui gouverne, dans ce pays, selon son bon vouloir et sa fantaisie : le P de la R, un hongrois qui ressemble un peu à Dracula, en plus petit. 

 

 Pour revenir aux « révélations » de Marine le Pen, Monsieur Frédéric Mitterrand a bien commis il y a quatre ans un livre, où il racontait ses frasques à Bangkok, ou ailleurs, tout le monde se fiche bien de l’emplacement exact car tout le monde a entendu parler des massages thaïlandais.
Il y était question de relations sexuelles tarifiées avec de jeunes garçons …Au fond cela n’étonnait personne, mais choqua tout un chacun...

L’accusé confirma son tourisme bordélique mais nia les rapports "pédophiles". Il avait eu droit pour ce faire au JT de 20 heures, le soir même, : notons au passage que Dominique de Villepin n’en a pas eu autant pour l’affaire Clearstream.


 
 «  Enfin, tous ceux qui ont lu mon livre savent que je ne suis pas pédophile » a déclaré , au final, l’accusé : Bon, puisqu’il faut bien appeler un chat un chat et un enc... un enc..., si on lit le passage incriminé, paru dans « le Monde », on comprend rapidement à la lumière crue d’une scène de douche osée que c’est lui, FM, et non pas le prostitué, qui l’est.  En clair, un impubère serait incapable de faire à FM ce ...qu’il décrit, point, CQFD.

 

Des vampires par milliers.

 

  « J’ai péché, mais je m’en absous largement, comprenez, la tentation était si forte, 
et le cadre si exotique avec tous ces garçons en boxer blanc, totalement disponibles,
ça m’a tellement excité !  C’était comme un marché aux esclaves.
 Et puis même si je l’ai payé, je l’ai bien payé et j’éprouvais du sentiment pour ce garçon »
...dit-il, en substance, dans son chapitre hard.

 
Aucours d'une
 une émission de télé antérieure à l’affaire et que l’on a pu revoir, il avait exposé l’argument suivant  : " Ce chapître était nécessaire, sans quoi, le récit eût été déséquilibré, il aurait manqué quelque chose » 
Sans doute : le chapître « sexe » est indispensable, pour faire vendre un roman, de nos jours : 
Cela, tous les éditeurs vous le diront….


C'est ainsi : A l’étal létal des vampires littéraires, il est de bon ton de livrer, enrobé de beau style, le récit de ses turpitudes passées. Plutôt que ses longues canines, c’est son nombril, de préférence qu’on exhibe, le  priapisme narcissique érigé en argument de vente.
On minaude, un peu, sur sa mauvaise conscience, mais l’encombrant Jiminy Cricket est vite étouffé.
 

Pour le lecteur, tout en n’omettant pas la cuvette à portée de main, une bonne surprise l’attend,
tout de même, au détour des feuillets que le Monde avait publiés  :
 C’est plutôt bien écrit !
Il arrive que par la magie des mots de l'anamnèse, l'artiste puisse faire pousser des fleurs sur son tas de fumier. Hélas, ici, la belle écriture ne suffit pas à masquer le rien-à-dire, ni à donner du corps à l’ouvrage.
On y cherchera en vain le questionnement existentiel déchiré et déchirant qui amnistie la violence d’un Georges Bataille, ou l’éthylisme forcené d’un Bükovski.

Les fleurs sulfureuses de "La Mauvaise vie" sont peintes à la main, certes, mais selon les conditions en vigueur du monde de l'édition. Le bovarysme de garçon de bain de l'auteur, s’il édulcore un peu la veulerie des sentiments et ménage l’émotion dans la déréliction, ne rappelle pas, même de très très loin, la flamboyance crucifiée d’Oscar Wilde, tombé dans la déchéance par amour fou pour son giton. 
 

Aussi, si beau style il y a, ça ressemble plus à un exercice littéraire du genre " racontez Emmanuel(le) chez les gays" qu'au "De profundis" du célèbre dandy. 

La non-vie qui nous bouffe la vie

Contrairement à ce qu’en dit le titre, la « vie » décrite par FM, tout comme celle qui l’a conduit récemment de Pernault à Drücker, n’est pas même « mauvaise ». Elle n'est qu'artificielle, à l'instar de ces pauvres fleurs du mal poussées dans les égouts des clubs gays et des bordels exotiques qu'on voudrait nous faire prendre pour des lanternes.
 C’est une non-vie, exposée à grands coups de com. par ces « pipolitiques », qui vampirisent l’espace culturel tout en l' avilissant : on achève bien la culture, en l'associant aux états d'âme d'un vieux débauché.

La Princesse de Clèves en mourra une troisième fois. "Sarkozy m'a tué" !
Peine plancher, pour la récidive.

Dans le film de Polanski, qui démarre plutôt rigolard, comme une parodie du célèbre roman de Bram Stocker, il y a soudain cette scène effrayante, où les deux héros, jusque là sceptiques, découvrent soudain qu'ils sont les seuls visibles en face du miroir de la salle de bal parcequ'ils sont entourés de vampires. Ils prennent alors leurs jambes à leur cou, ce qui est sage car ...
...le gros souci, avec les morts-vivants, c’est qu’ils ont tendance à persévérer dans leur non-être,
à nos dépens !

( Il est conseillé dès à présent de ne jamais s'installer devant un débat télévisé où figurent des porte-parole de l'Elysée sans avoir enfilé son collier d'ail.)

Quel rapport y a-t-il, au final, entre les vampires, Oscar Wilde et Frédéric Mitterrand ?
C'est que si ce dernier se regardait  au triste bal de sa télé, il pourrait voir à la place de son visage pipolisé et ripoliné, non pas son reflet, mais le vilain portrait de Dorian Gray.

Et aussi, le saviez-vous ? Bien avant de "tourner gay", Oscar Wilde fut fiancé : mais sa fiancée le quitta pour épouser .....Bram Stocker ! Comme quoi le monde des vampires est petit ...

 
MR


 

 

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